Le mot de l’éditeur :

Cette histoire se déroule le long du fleuve São Francisco, dans le Nordeste brésilien, sur une terre de légendes et de superstitions, pauvre et aride, peuplée de bandits, de saints et de prophètes : le sertão. Nous sommes à la veille de la seconde guerre mondiale et le Brésil – dirigé d’une main de fer par Getúlio Vargas qui a institué, dès 1937, un État fort, l’«Estado Novo» – n’a pas encore choisi son camp. Quelque temps auparavant, Lampião, le plus célèbre des «cangaçeiros», ces sortes de «bandits d’honneur» brésiliens, et ses compagnons ont été abattus. Il n’était pas question pour Vargas de laisser plus longtemps une région entière sous le contrôle des bandes armées qui défièrent les autorités du pays pendant près de vingt ans. Alors, quand apparaît, au cœur même de ce «sertão» tout juste pacifié, un étranger qui prétend fonder un «Nouveau Territoire», le Pouvoir envoie le capitaine – celui-là même qui a éliminé Lampião – rétablir l’ordre.

 

Extrait

« – Chante-nous quelque chose, l’Indien, ordonne à ce moment le capitaine.
Alors le métis commence un « aboio », ce chant des vachers qui imite le cri du bétail.
À la voix rauque de l’Indien répond maintenant celle du Padre qui brode sur la mélodie de base.
– Tu connais ça, Padre, demande le policier, surpris ? Ça te change de Bach…
– Mon pays, maintenant, c’est ici, capitaine. Que ça te plaise ou non, nous sommes tous les deux des bêtes du « sertão ».
– Des bêtes blessées, Padre.
– Elles n’en sont que plus dangereuses, capitaine. Ce sera le combat de l’once et du serpent.
– Les dents de l’once sont capables de percer la tête du serpent, Padre.
– Mais le serpent peut étouffer l’once en s’enroulant autour de son cou, capitaine.
– C’est un combat d’égal à égal, alors. Reste à savoir qui est l’once et qui est le serpent aujourd’hui, Padre. »

 

Le livre est disponible chez l’éditeur en version papier, ou à télécharger ici.

Save