La guerre de l’once et du serpent

Synopsis

Nordeste du Brésil, septembre 1939.  


Conçu comme un véritable western, ce récit se déroule au Brésil dans un contexte historique exceptionnel : le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale est imminent et le gouvernement sait qu’il lui sera difficile de choisir son camp en raison notamment de l’importance politique et économique des colonies allemandes installées dans le sud.

Par ailleurs, le pays est soumis à un régime autoritaire, l’Estado Novo.

La guerre de l'once et du serpent
La guerre de l'once et du serpent
Photo by Rafaela Biazi

Reviews

C’est tout le Brésil qui se dévoile sous nos yeux

Le Brésil est un pays qui engendre des rêves : en tant que contrée rattachée au continent américain d'abord, par son immensité et la diversité de ses populations et de ses régions, ensuite. Patrice Montagu-Williams, auteur du roman « La guerre de l'once et du serpent », qui a pour cadre le Brésil des années 30, nous introduit bien dans cet univers.
L'action se déroule dans le Nordeste brésilien, le long du fleuve São Francisco, dans la région du sertão, terre imprégnée de légendes, de superstitions les plus diverses faisant bon ménage avec le catholicisme dominant .Cette région passe aussi pour être peuplée de bandits, de prophètes –faux ?- et de saints à la légende non confirmée.

C'est la veille de la seconde guerre mondiale ; le Brésil est dirigé alors d'une main de fer par Getulio Vargas, un dictateur, qui a installé un état fort, autoritaire, l'Estado Novo , et n'a pas choisi son camp entre les Nazis et les Alliés occidentaux .Peu de temps auparavant, Lampiào, l'un des plus célèbres des cangaçeiros, sorte de bandes assimilées à des « bandits d'honneur » et ses compagnons ont été abattus, décimés par les troupes du régime, ce dernier ne pouvant accepter de laisser une région entière sous le contrôle de bandes armées défiant son autorité.

Un étrange personnage apparaît au coeur de ce sertão ; il se fait nommer Padre et prétend fonder un nouveau territoire, le Neuland, nom allemand signifiant : nouveau pays, nouvelle terre .Cette proximité d'avec la langue allemande s'explique très simplement : ce personnage vient d'émigrer au Brésil, c'est un ancien des SA, massacrés en 1934 au cours de la nuit des longs couteaux, et écartés du pouvoir par les sbires de Hitler.
Au cours de ses rencontres, démarches et initiatives, c'est tout le Brésil qui se dévoile sous nos yeux : le conservatisme de l'église, la présence de cultes tel que le Candomblé, religion afro-brésilienne issue de l'esclavage, la dureté, la cruauté parfois, des moeurs des villageois locaux.
Ce Padre est cynique, implacable ; il veut arriver à ses fins et n'hésite pas à railler les faiblesses de l'âme humaine : « Et qu'est-ce que tu vends ? La même chose que toi : des rêves. Que peut-on vendre d'autre à des miséreux ? Et crois-tu qu'il y ait la place pour deux marchands de rêves dans ce village ? Sans doute pas. »
La fin du roman est cruelle, et ne ressemble guère à un happy end. Pourtant, l'auteur réussit assez bien à nous faire entrevoir les déchirements de ce pays, sa démesure, ses couleurs, sa nourriture.

La phrase finale résonne comme une prophétie : « Tu es une vraie pute, l'Indien (…) A six heures précises tu montes dans le clocher et tu fais sonner les cloches. C'est toi le maître du temps à présent .Le Padre et moi nous ne sommes que deux survivants. » 

Trieb

3.0
2019-02-07T11:23:12+01:00

Trieb

Le Brésil est un pays qui engendre des rêves : en tant que contrée rattachée au continent américain d'abord, par son immensité et la diversité de ses populations et de ses régions, ensuite. Patrice Montagu-Williams, auteur du roman « La guerre de l'once et du serpent », qui a pour cadre le Brésil des années 30, nous introduit bien dans cet univers. L'action se déroule dans le Nordeste brésilien, le long du fleuve São Francisco, dans la région du sertão, terre imprégnée de légendes, de superstitions les plus diverses faisant bon ménage avec le catholicisme dominant .Cette région passe aussi pour être peuplée de bandits, de prophètes –faux ?- et de saints à la légende non confirmée. C'est la veille de la seconde guerre mondiale ; le Brésil est dirigé alors d'une main de fer par Getulio Vargas, un dictateur, qui a installé un état fort, autoritaire, l'Estado Novo , et n'a pas choisi son camp entre les Nazis et les Alliés occidentaux .Peu de temps auparavant, Lampiào, l'un des plus célèbres des cangaçeiros, sorte de bandes assimilées à des « bandits d'honneur » et ses compagnons ont été abattus, décimés par les troupes du régime, ce dernier ne pouvant accepter de laisser une région entière sous le contrôle de bandes armées défiant son autorité. Un étrange personnage apparaît au coeur de ce sertão ; il se fait nommer Padre et prétend fonder un nouveau territoire, le Neuland, nom allemand signifiant : nouveau pays, nouvelle terre .Cette proximité d'avec la langue allemande s'explique très simplement : ce personnage vient d'émigrer au Brésil, c'est un ancien des SA, massacrés en 1934 au cours de la nuit des longs couteaux, et écartés du pouvoir par les sbires de Hitler. Au cours de ses rencontres, démarches et initiatives, c'est tout le Brésil qui se dévoile sous...

A consommer sans modération !

1939, quelque part dans le Nordeste brésilien…

Dans un duel à mort façon Sergio Leone, Patrice Montagu-Williams nous entraîne le long du fleuve São Francisco où des bandits d’honneurs défient les autorités du pays. Entre un nazi machiavélique qui ambitionne de créer un « Nouveau territoire » et un Padre charismatique, se dessinent les contours d’un sertão sans foi ni loi… ou presque !
Un nouvel opus dédié au Brésil avec des personnages hauts en couleur dans lesquels on peut en reconnaitre d’autres qui ont tristement existé.

A consommer sans modération !

Cervellin

4.0
2019-02-07T11:25:40+01:00

Cervellin

1939, quelque part dans le Nordeste brésilien… Dans un duel à mort façon Sergio Leone, Patrice Montagu-Williams nous entraîne le long du fleuve São Francisco où des bandits d’honneurs défient les autorités du pays. Entre un nazi machiavélique qui ambitionne de créer un « Nouveau territoire » et un Padre charismatique, se dessinent les contours d’un sertão sans foi ni loi… ou presque ! Un nouvel opus dédié au Brésil avec des personnages hauts en couleur dans lesquels on peut en reconnaitre d’autres qui ont tristement existé. A consommer sans modération !

Un roman bien écrit

Patrice Montagu-Williams ne prend pas position dans ce choc des idéologies. Mais il fait s’interroger : peut-on peupler un pays vide avec ses rêves ? Les États-Unis l’ont fait, l’Australie aussi – mais indigènes et aborigènes n’ont rien de commun avec les grands propriétaires, les gouverneurs et les généraux de l’Estado Novo brésilien instauré par Getúlio Vargas dès 1937. Les mercenaires payés par les propriétaires se feront décimer mais l’armée commandée par le capitaine aura le dernier mot. (Lire toute la critique)
4.0
2019-02-07T11:30:10+01:00
Patrice Montagu-Williams ne prend pas position dans ce choc des idéologies. Mais il fait s’interroger : peut-on peupler un pays vide avec ses rêves ? Les États-Unis l’ont fait, l’Australie aussi – mais indigènes et aborigènes n’ont rien de commun avec les grands propriétaires, les gouverneurs et les généraux de l’Estado Novo brésilien instauré par Getúlio Vargas dès 1937. Les mercenaires payés par les propriétaires se feront décimer mais l’armée commandée par le capitaine aura le dernier mot. (Lire toute la critique)
3.7
3

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Existe en livre numérique

  • Broché: 226 pages
  • Parution: 1 mai 2015
  • Editeur : L’Encre Rouge
  • Collection : ROMAN HISTORIQUE

Interview “La guerre de l’once et du serpent”