Munduruku

Synopsis

Profondément choqué par le massacre d’une vingtaine d’enfants dans une favela de Rio tenue par des bandes armées contre lequel il n’a rien pu faire, un capitaine des forces spéciales de la police décide de mettre son savoir-faire au service de la défense d’une tribu indienne de la région du Haut Tapajós, un affluent de l’Amazone, dont était originaire son père : les Mundurukus.


Menacés de toutes parts par les chercheurs d’or, les multinationales minières ainsi que par les projets de construction de gigantesques barrages, ces derniers risquent de voir leur territoire entier disparaître. Dans leur combat, ils pourront aussi compter sur le soutien d’un missionnaire, qui tient un bar et un bordel, et sur celui d’un professionnel aguerri qui ne recule devant rien, un ancien agent de la CIA qui a tourné casaque.

Munduruku

Roman d’aventures contemporain, Munduruku pose le problème de la survie des populations autochtones et celui de la destruction de la forêt amazonienne, véritable poumon du monde. 

Il était une fois un pays vaste comme seize fois la France…

À lui seul, le Brésil représente la moitié de la superficie de toute l’Amérique du Sud. La forêt amazonienne, qui se trouve en majeure partie sur son territoire, est la plus grande forêt tropicale du monde et, dans l’embouchure du fleuve qui la traverse, l’Amazone, se trouve une île qui a la taille de la Suisse !

Ce pays, immense, fascinant, mal connu et où se joue une partie de l’avenir écologique de la planète, je l’ai découvert, il y a longtemps : en 1968.

Hasard de l’existence, dans le cadre du programme d’études de mon école de commerce, je devais faire un stage d’entreprise à l’étranger. Tout juste arrivé au Brésil, à 24 ans, me voilà aussitôt embarqué dans un petit monomoteur qui devait se poser, pour faire le plein, entre d’énormes poids lourds sur l’immense route qui relie, sur près de 3500 kilomètres, le sud au nord du pays.

Cet épisode de ma vie resta à jamais gravé dans ma mémoire : je vivais une aventure que je n’avais jusqu’alors fait qu’imaginer au travers des livres de Conrad ou de Kessel !

Ce lien avec le Brésil ne s’est jamais distendu depuis, au contraire, au point que je me suis marié avec une carioca, une habitante Rio, ville où j’ai ensuite vécu plusieurs années.

Plus tard, lorsque j’ai choisi de consacrer une partie de ma vie à l’écriture, j’ai senti la nécessité irrépressible de raconter des histoires qui auraient pour cadre ce pays.

J’ai donc commencé par un premier livre qui se déroulait dans le Nordeste du pays à la veille du second conflit mondial. Ce roman, La Guerre de l’Once et du Serpent, transposait la mythologie du western dans une terre de misère et de légendes.

Il est lui aussi publié aux éditions Encre Rouge.Cependant, j’ai très vite ressenti le désir d’écrire quelque chose de plus contemporain qui se passerait à Rio de Janeiro, et la violence urbaine qui y règne, et en Amazonie, territoire gravement menacé par la rapacité et l’inconscience des hommes. Ainsi est né Munduruku

Patrice Montagu-Williams
Photo by 蔡 嘉宇

Reviews

Les romans policiers sont les nouveaux portraits ethnologiques de nos sociétés contemporaines.

Les romans policiers sont les nouveaux portraits ethnologiques de nos sociétés contemporaines. La trame de leur récit raconte nos vies, nos défaillances et nos espoirs. C'est le cas de Munduruku, qui mérite bien son nom de fresque policière. Patrice Montagu- Williams sent battre le pouls du Brésil comme personne. Avec lui et ses héros, gagnants ou perdants, les jaguars fondent toujours sur leur proie ! 

Richard Werly - Le Temps

5.0
2019-03-19T13:25:51+01:00

Richard Werly - Le Temps

Les romans policiers sont les nouveaux portraits ethnologiques de nos sociétés contemporaines. La trame de leur récit raconte nos vies, nos défaillances et nos espoirs. C'est le cas de Munduruku, qui mérite bien son nom de fresque policière. Patrice Montagu- Williams sent battre le pouls du Brésil comme personne. Avec lui et ses héros, gagnants ou perdants, les jaguars fondent toujours sur leur proie ! 

Impressionnée par les connaissances extrêmement pointues que vous avez du Brésil

Bonjour Patrice.
Je viens de terminer la lecture de Munduruku et j'ai été impressionnée par les connaissances extrêmement pointues que vous avez du Brésil qui d'ordinaire n'est traité au travers de la littérature que par le prisme des favelas. Il vous a sans doute fallu fournir un travail énorme au niveau de la documentation. En tous cas votre traitement permet de mieux comprendre l'élection de Bolsonaro car vous nous décortiquez tous les ingrédients qui permettent la mise en place de l'extrême droite dans des pays aussi complexes et aussi violents.
J'ai beaucoup aimé la place laissée aux problèmes écologiques auxquels le Brésil tant convoité par les multinationales a à faire face sans que nous allions vers des clichés tels que le bon Indien, la faune et les petits oiseaux. C'est un livre cruel comme l'est sans doute ce pays que vous connaissez si bien. Histoire de chipoter il y a quelques concordances de temps qui nuisent à la construction littéraire du roman mais ça, c'est histoire de trouver quelque chose à critiquer car ce que je reconnais c'est l'immense travail que vous avez dû fournir pour aboutir à ce récit passionnant dans lequel on ne peut pas dénouer le vrai du faux ce qui fait la qualité des bons romans.

Liza, romancière.

5.0
2019-04-09T12:52:08+01:00

Liza, romancière.

Bonjour Patrice. Je viens de terminer la lecture de Munduruku et j'ai été impressionnée par les connaissances extrêmement pointues que vous avez du Brésil qui d'ordinaire n'est traité au travers de la littérature que par le prisme des favelas. Il vous a sans doute fallu fournir un travail énorme au niveau de la documentation. En tous cas votre traitement permet de mieux comprendre l'élection de Bolsonaro car vous nous décortiquez tous les ingrédients qui permettent la mise en place de l'extrême droite dans des pays aussi complexes et aussi violents. J'ai beaucoup aimé la place laissée aux problèmes écologiques auxquels le Brésil tant convoité par les multinationales a à faire face sans que nous allions vers des clichés tels que le bon Indien, la faune et les petits oiseaux. C'est un livre cruel comme l'est sans doute ce pays que vous connaissez si bien. Histoire de chipoter il y a quelques concordances de temps qui nuisent à la construction littéraire du roman mais ça, c'est histoire de trouver quelque chose à critiquer car ce que je reconnais c'est l'immense travail que vous avez dû fournir pour aboutir à ce récit passionnant dans lequel on ne peut pas dénouer le vrai du faux ce qui fait la qualité des bons romans.

Une vision très juste

Une sacrée tranche de vie passée sur place a permis à l'auteur d'aimer le Brésil et d'en avoir une vision très juste ...

 

Marie-France

5.0
2019-04-09T12:53:50+01:00

Marie-France

Une sacrée tranche de vie passée sur place a permis à l'auteur d'aimer le Brésil et d'en avoir une vision très juste ...  

Quatre parties pour ce roman somme tout optimiste

Le roman du Brésil contemporain : démographie explosive, Etat bouffé aux termites, politiciens corrompus, policiers écartelés en clans, drogue à tous les coins de rue et violence dès l’enfance. Les filles font la pute dès 12 ans et les garçons entrent dans les bandes ou la police un an plus tard. Rio est un mythe pour touristes, il y a belle lurette que la ville du carnaval et du Christ Rédempteur est dangereuse : « À Rio, on vivait avec et on n’y prêtait même plus attention. Il suffisait de regarder derrière soi en marchant dans la rue et de ne jamais porter de bijoux ou de montres de prix. Il fallait juste avoir toujours un peu de cash au cas où un pauvre type à moitié drogué aurait la mauvaise idée de vous menacer avec son flingue ou son couteau » p.49. Pire qu’aux Etats-Unis du temps des pionniers, c’est chacun pour soi, la loi de la jungle est le droit du plus fort.

...

Outre l’action, écrite au présent alors que le ton général est plutôt à l’imparfait du récit post-événement, la culture brésilienne urbaine puis indienne est distillée à bon escient, à mesure des exigences de l’histoire. Et d’incisives remarques ponctuent le livre : « l’oxi. C’est deux fois plus puissant que le crack et cinq fois moins cher. C’est un mélange de pâte de cocaïne, d’essence, de kérosène et de chaux vive » p.143 ; « une pisse de chat tout juste bonne pour un abruti de chasseur du Middle West adorant parader devant ses copains avec chapeau de cow-boy sur le crâne, santiags aux pieds et fusil à pompe à la main devant son énorme cross-over, sur le toit duquel on a planté des cornes de bœufs » p.17.

A qui veut connaître ce Brésil qui vient de remplacer la gauche compromise par une droite dure probablement pas meilleure mais neuve, lisez ce roman !

Lire toute la chronique d'Argoul 

Argoul

5.0
2019-02-26T09:19:20+01:00

Argoul

Le roman du Brésil contemporain : démographie explosive, Etat bouffé aux termites, politiciens corrompus, policiers écartelés en clans, drogue à tous les coins de rue et violence dès l’enfance. Les filles font la pute dès 12 ans et les garçons entrent dans les bandes ou la police un an plus tard. Rio est un mythe pour touristes, il y a belle lurette que la ville du carnaval et du Christ Rédempteur est dangereuse : « À Rio, on vivait avec et on n’y prêtait même plus attention. Il suffisait de regarder derrière soi en marchant dans la rue et de ne jamais porter de bijoux ou de montres de prix. Il fallait juste avoir toujours un peu de cash au cas où un pauvre type à moitié drogué aurait la mauvaise idée de vous menacer avec son flingue ou son couteau » p.49. Pire qu’aux Etats-Unis du temps des pionniers, c’est chacun pour soi, la loi de la jungle est le droit du plus fort. ... Outre l’action, écrite au présent alors que le ton général est plutôt à l’imparfait du récit post-événement, la culture brésilienne urbaine puis indienne est distillée à bon escient, à mesure des exigences de l’histoire. Et d’incisives remarques ponctuent le livre : « l’oxi. C’est deux fois plus puissant que le crack et cinq fois moins cher. C’est un mélange de pâte de cocaïne, d’essence, de kérosène et de chaux vive » p.143 ; « une pisse de chat tout juste bonne pour un abruti de chasseur du Middle West adorant parader devant ses copains avec chapeau de cow-boy sur le crâne, santiags aux pieds et fusil à pompe à la main devant son énorme cross-over, sur le toit duquel on a planté des cornes de bœufs » p.17. A qui veut connaître ce Brésil qui vient de remplacer la gauche compromise par une droite dure probablement...

Plus que jamais, un sujet d’actualité

Un récit où se côtoient des policiers, des journalistes, des putes, des indiens, des trafiquants, des prêtres, des hommes politiques, des gringos, des arbres, des animaux, des plantes et esprits de la forêt. Je dirais moitié polar moitié roman d'aventures d'une écriture cinématographique qui nous emmène faire un tour au Brésil pour nous montrer plusieurs réalités. Dans la première partie on découvre en même temps la violence des favelas et les endroits branchés de Rio de Janeiro. Dans la deuxième partie, la sagesse des indiens Munduruku et un autre genre de violence et d'abus dans la forêt amazonienne. 

Les personnages sont attachants, ils ont tous une histoire improbable. J'ai trouvé de très riches informations bien documentées et non seulement sur le Brésil, mais aussi par exemple sur les opérations des drones à distance. Une dénonciation de la misère des favelas, de l'abus et corruption des autorités pour permettre l'exploitation illégale des orpailleurs et la construction de barrages. Tout au long du récit des questionnements qui nous font réfléchir à la vie, à la relation de l'homme à la nature.

J'ai été transportée par cette lecture et en même temps indignée par ce que j'ai appris en détail. Nous écoutons aux informations depuis des années les dangers de la déforestation amazonienne, aujourd'hui c'est plus que jamais un sujet d'actualité.

Marie Lorraine

5.0
2019-02-07T14:34:18+01:00

Marie Lorraine

Un récit où se côtoient des policiers, des journalistes, des putes, des indiens, des trafiquants, des prêtres, des hommes politiques, des gringos, des arbres, des animaux, des plantes et esprits de la forêt. Je dirais moitié polar moitié roman d'aventures d'une écriture cinématographique qui nous emmène faire un tour au Brésil pour nous montrer plusieurs réalités. Dans la première partie on découvre en même temps la violence des favelas et les endroits branchés de Rio de Janeiro. Dans la deuxième partie, la sagesse des indiens Munduruku et un autre genre de violence et d'abus dans la forêt amazonienne.  Les personnages sont attachants, ils ont tous une histoire improbable. J'ai trouvé de très riches informations bien documentées et non seulement sur le Brésil, mais aussi par exemple sur les opérations des drones à distance. Une dénonciation de la misère des favelas, de l'abus et corruption des autorités pour permettre l'exploitation illégale des orpailleurs et la construction de barrages. Tout au long du récit des questionnements qui nous font réfléchir à la vie, à la relation de l'homme à la nature. J'ai été transportée par cette lecture et en même temps indignée par ce que j'ai appris en détail. Nous écoutons aux informations depuis des années les dangers de la déforestation amazonienne, aujourd'hui c'est plus que jamais un sujet d'actualité.

Intrigue bien ficelée et pleine de suspens

Un livre passionnant qui nous plonge au coeur de la forêt amazonienne et qui nous en fait partager ses richesses. Bien écrit et très documenté, ce roman nous invite à découvrir l'univers de l'ethnie des Mundurukus menacée par les choix politiques des différents gouvernements brésiliens. Mais la force de ce roman est de ne pas être seulement un bel hommage à cette tribu de la forêt qu'il propose de soutenir à travers le site de Greenpeace en fin de volume, il est un hommage vibrant au Brésil et aux êtres qui composent sa diversité.
L'intrigue est bien ficelée et pleine de suspens, et tous les éléments sont réunis pour en faire un grand roman : de l'action, du sang, de l'amour, des destins improbables, des rencontres impossibles…
Le style très visuel de l'auteur appellerait tout naturellement à une adaptation cinématographique.

On a plaisir à cheminer aux côtés des personnages attachants et sans artifices jusqu'à un dénouement plein de surprises qui donne tout son sens à la dédicace :
« Toutes les routes sont longues qui mènent vers ce que le coeur désire ». Joseph Conrad

Isabelle

4.0
2019-02-07T14:36:18+01:00

Isabelle

Un livre passionnant qui nous plonge au coeur de la forêt amazonienne et qui nous en fait partager ses richesses. Bien écrit et très documenté, ce roman nous invite à découvrir l'univers de l'ethnie des Mundurukus menacée par les choix politiques des différents gouvernements brésiliens. Mais la force de ce roman est de ne pas être seulement un bel hommage à cette tribu de la forêt qu'il propose de soutenir à travers le site de Greenpeace en fin de volume, il est un hommage vibrant au Brésil et aux êtres qui composent sa diversité. L'intrigue est bien ficelée et pleine de suspens, et tous les éléments sont réunis pour en faire un grand roman : de l'action, du sang, de l'amour, des destins improbables, des rencontres impossibles… Le style très visuel de l'auteur appellerait tout naturellement à une adaptation cinématographique. On a plaisir à cheminer aux côtés des personnages attachants et sans artifices jusqu'à un dénouement plein de surprises qui donne tout son sens à la dédicace : « Toutes les routes sont longues qui mènent vers ce que le coeur désire ». Joseph Conrad
4.8
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DECITRE
CHAPITRE
CULTURA
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Disponible en livre numérique

  • Poche: 309 pages
  • Parution: 1 février 2019
  • Editeur :  Encre rouge
  • Collection : ROMAN