Les Feuilletons et les micro-romans

Quatre romans-feuilletons inédits: «La fille qui aimait les nuages», «Mamasan», “La voie du Farang” et “L’Impératrice Rouge” tous publiés sur le site « Gavroche” basé à Bangkok qui compte aujourd’hui plus de 100.000 lecteurs par mois.

Rien de tel qu’une scène de crise et qu’un fin limier pour raconter les dessous d’une société et nous plonger dans les coulisses de l’Asie du sud-est. Depuis l’automne 2019, les romans-feuilletons publiés sur le site Gavroche-Thaïlande rencontrent un succès croissant. 

Quatre romans-feuilletons. Quatre atmosphères. Quatre histoires qui ne lâchent plus le lecteur, une fois entamées. Patrice Montagu-Williams nous raconte, dans «La fille qui aimait les nuages» les coulisses du parti communiste vietnamien, sur fond de corruption et de trafic d’armes entre le Vietnam et la France. Son second roman, «Mamasan», voit son commissaire préféré, le très parisien Boris Samarcande, débarquer à Bangkok et en Birmanie. Le troisième, “Le Royaume de Nina” met en scène un agent de la DGSE, les services secrets français, qui trouvera, en Thaïlande, le “noble chemin” des bouddhistes qui mène au nirvāṇa. Le quatrième, enfin, “L’Impératrice Rouge”, lève le voile sur les dessous de la politique de la Chine dans la région et du rôle de son agente, une somptueuse et tragique femme vampire…

Trois de ces feuilletons ont été publiés aux éditions GOPE, spécialisées dans l’Asie du Sud-Est, sous la forme de micro-romans regroupés sous le titre “La fille qui aimait les nuages”.

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D’excellentes critiques….

Steph14123Steph14123   27 mars 2022 ★★★★★ ★★★★★ Livre reçu par le biais de la masse critique du mois de Mars. Merci encore à Babelio pour m’avoir fait découvrir un nouvel auteur que j’ai vraiment apprécié. de son style d’écriture aux histoires, l’ensemble m’a beaucoup plu. le livre se lit vraiment très vite. J’ai adoré avoir plusieurs histoires à découvrir. 1 soir, 1 histoire. Complots politique, agents secrets, trafiquants, prostituées font de se livre un voyage de la Seine au Mekong.
Commençons par “La fille qui aimait les nuages”, on voyage du Vietnam à Paris au côté d’une famille dont le père est membre du bureau politique du parti communiste du Vietnam. Querelle au sein de la famille et incompréhension fait que Aï Van, la fille du chef fugue et disparaît.
La seconde histoire a été mon gros coup de coeur. L’impératrice rouge nous raconte l’enquête folle que l’agent spécial Ly, de la DGSE est chargé de régler. Les saisies de drogues atteignent un niveau record à Paris. Une certaine Impératrice Rouge serait au coeur du réseau. Quand l’enquête nous fait voyager de Paris à la Chine, le voyage ne pouvait qu’être fabuleux.
La troisième histoire le royaume de Nina, est vraiment trop longue à démarrer. Pour être honnête, j’ai même lu en diagonale le début. Alors oui, une fois le livre fini, on se rends compte que le fait d’avoir une histoire autant détaillé est nécessaire afin de tout mettre en place pour bien comprendre le déroulement de l’histoire. J’ai adoré la fin qui reflète en totalité ce que je pense de la vie.
Martin DECOUD agent de la DGSE est envoyé en mission à Bangkok pour une mission pour un contrat pétrolier passé avec la junte militaire Birmane. Entre belle rencontre, découverte surprenante et un retour au pays, le Royaume de Nina vous plongera au coeur d’une histoire de la vie.
Bonne lecture à vous
SubtropikoSubtropiko   19 mars 2022 ★★★★★ ★★★★★ On peut lire “La fille qui aimait les nuages”, (suivi de “L’impératrice Rouge” ; “Le royaume de Nina”) pour le plaisir de l’architecture des intrigues politico-policières, et c’est un plaisir légitime : elles sont bien documentées, et (hélas) tout à fait d’actualité : « Mettre tout le monde devant le fait accompli en faisant régner la loi du plus fort » s’applique certes à la politique extérieure chinoise, mais pas seulement ! Et l’axiome « Chez nous, c’est le Parti qui décide souverainement si une information est crédible ou non », lequel, dans le texte, se réfère au Viêtnam, trouve ailleurs de sanglantes illustrations. Quant à la bataille féroce pour l’énergie à l’échelle internationale, elle figure en bonne place dans “Le royaume de Nina”, avec le groupe Total en premier rôle. Sans parler des oligarques russes, des « usines à trolls » et des armées privées.

Cependant, ce qui rend à mes yeux les récits de Patrice Montagu-Williams particulièrement attachants, c’est le tissage entre ces péripéties contemporaines – dignes, comme le dit la préface, des romans-feuilletons à l’ancienne – et les images issues des légendes, des souvenirs ou de l’art : les bâtons d’encens brûlant devant le portrait d’Oncle Hô ; les pièces de monnaie glissées dans la bouche des défunts, en Asie comme chez les Romains, pour assurer leur passage vers l’au-delà ; les trois âmes des Hmong, dont l’une demeure, après la mort, parmi les vivants ; Bangkok, ses taxis violets, roses, jaunes, ses anciennes maisons de teck ; les esprits qui virevoltent autour des humains, comme les dragons asiatiques, pourtant souvent dépourvus d’ailes… Sont présentes aussi les références aux oeuvres sans doute chères à l’auteur, où l’on croise entre autres Conrad, Kessel, Nathalie Barney, Miller, Cocteau, Toulouse-Lautrec et le Douanier Rousseau. Malgré quelques grincements dans sa pratique de la concordance des temps, avec laquelle je ne suis pas toujours d’accord, et quelques clichés un peu machistes mis (comme les sapèques !) dans la bouche de ses héros, j’ai aimé son style ; on sent que Patrice Montagu-Williams se meut à l’aise entre littérature, journalisme, peinture…
Le bestiaire, exotique ou non, se manifeste également : au malheureux Crapaud (surnom d’un personnage, Anh Hung) répond la petite grenouille adoptée et enterrée 7 ans plus tard par celle qui deviendra sa femme. Un féroce chat de Temminck saute sur les genoux de l’impératrice Rouge, dont il vengera la mort d’atroce façon. Un chaton se blottit dans le cou de Nina, la fille adoptive de Martin, en état de choc post-traumatique… et c’est sous la forme d’une éléphante que cette dernière se réincarnera et prodiguera ses consolations à Martin ! Chez P. Montagu-Williams, on ne se limite pas à compter les coups échangés aujourd’hui entre grands de ce monde : on voyage dans le passé, dans la mythologie, on rêve aussi… et en couleurs.

JeanPierreVJeanPierreV   24 mars 2022 ★★★★★ ★★★★★ “Les diplomates de carrière sont tous fabriqués en série et formatés. En bout de chaine, on change la calandre et on bricole un peu les finitions, selon la fonction.” (P. 157)
Diplomates, hommes du Sdec, barbouzes, flics, politiciens plus ou moins véreux, trafiquants, prostituées…et réfugiés…que de personnages et d’atmosphères dans ces trois “micro romans” que je ne n’aurais peut-être pas achetés, si Babelio et Masse Critique ne me les avaient pas proposés et pourtant ….
Lus en quelques heures, ces trois petits textes nous transportent depuis les îles vietnamiennes sur lesquels lorgne la Chine pour leur pétrole, vers les beaux quartiers de Paris, en passant par les bureaux et les hommes de la DGSE, les trottoirs de Paris, les bureaux de la compagnie pétrolière Total, et ceux d’oligarques russes et toutes les magouilles, les parties de billard à trois bandes, de poker menteur….dans lesquelles chacun essaie de rouler ou de profiter des autres .
Tout ceci, pondéré de traditions et d’animaux, d’éléphants, de grenouilles et crapauds, chers aux traditions et légendes orientales…..est en miroir avec notre actualité, avec les préoccupations et tensions de notre monde…
Bref ce n’est pas le monde des bisounours, loin de là !
Dépaysement garanti…vers un monde qui ne me passionne pas, loin de là
Je pense, quant à l’auteur que je vais poursuivre ma découverte
Lien : HTTPS://MESBELLESLECTURES.CO..


La fille qui aimait les nuages (éd. Gope) nous présente sous ce titre générique, trois petits récits aux parfums d’Asie. Le premier (qui donne son titre à l’ouvrage) démarre tandis que trois Mercédès se dirigent vers l’aéroport d’Hanoï, au Viêt-Nam. Elles transportent un membre du Bureau politique du parti communiste vietnamien (au passé pas très clair), sa femme et sa fille. Le père est envoyé à Paris pour négocier un contrat d’achat de sous-marins afin que le gouvernement vietnamien puisse intervenir dans les eaux territoriales revendiquées par la Chine. Le père négocie, la mère et la fille visitent Paris. Mais celle-ci échappe à la garde rapprochée de la famille et disparait. Tout s’enchaîne alors sur un rythme d’enfer. Mais l’occasion aussi pour nous, de découvrir les dessous et l’histoire du régime communiste vietnamien, un des derniers à parti unique.
Le second récit, L’impératrice rouge a pour héros Ly, fils d’un père Hmong [note] qui en son temps, avait combattu les communistes du Pathet Lao [note] . Et c’est précisément à cause de ces origines que Ly a été engagé comme membre contractuel de la DGSE [note] et envoyé en mission dans le triangle d’or. Il doit enquêter sous un faux nom, sur le trafic d’une nouvelle drogue synthétique qui remplace l’héroïne et fait des ravages dans le monde entier. Il semblerait que la chef d’orchestre du réseau de cette drogue soit une certaine « impératrice rouge » qui sévit dans le nord de la Thaïlande. Mission à haut risque qui n’a pas finie de nous faire suer à grosses gouttes. Là encore, une belle occasion de découvrir Bangkok, « ville de toutes les corruptions » dans une Thaïlande aux traditions culturelles encore bien vivantes.
Le dernier récit, Le royaume de Nina est d’un tout autre ordre. Les personnalités de ses héros sont plus creusés. Le héros, Martin Decoud, est un bel homme qui vit dans le Montmartre mythique. « Volage pour raisons professionnelles » puisque lui aussi est un agent de la DGSE, recruté par cette dernière pour avoir déjà mené à bien une mission pour libérer des occidentaux pris en otage par les Khmers rouges. Il est envoyé cette fois-ci à Bangkok afin d’essayer de débrouiller une situation particulièrement délicate au niveau diplomatique. La compagnie pétrolière Total vient de conclure un accord avec la Birmanie (Myanmar) qui déstabilise toute la région. Outre une histoire policière de premier ordre où se croisent asiatiques, réfugiés, Américains, Européens et ONG, contre toute attente recouvre une magnifique histoire pleine d’humanité. Qui se termine comme un beau conte philosophique oriental !

Patrick Schindler, individuel FA

dilettante310dilettante310   07 avril 2022 ★★★★★ ★★★★★ Et bien pour moi, la mayonnaise n’a pas vraiment pris…et au vu des autres critiques publiées, il s’agit dans mon cas d’un problème d’affinité avec le genre et pas de la qualité de l’ouvrage? Il faut dire que j’ai reçu ce recueil de nouvelles a l’occasion de l’opération masse critique de mars et que je ne l’ai pas réellement choisi. Je vais toutefois tenter d’en faire une petite chronique… Tout d’abord, l’intérêt principal de ces nouvelles est de nous embarquer loin d’ici, au Vietnam, en Chine, Thaïlande…L’auteur nous conte des histoires d’agents secrets, de dignitaires du Parti communiste, mais aussi du peuple Karen opprimé par la junte Birmane . Cela semble bien documenté et les magouilles décrites font froid dans le dos car elles s’inscrivent dans le réel.
C’est loin d’être ennuyeux, c’est donc bien écrit, mais j’ai eu parfois du mal à suivre , perdue dans les méandres des intrigues qui par ailleurs m’ont semblé sans réel intérêt…A l’exception de la dernière nouvelle « le royaume de Nina » qui m’a beaucoup plus convaincue, peut-être parce que j’avais lu précédemment « mon combat contre la junte Birmane ». Il m’a semblé que cette nouvelle était différente des 2 autres, plus authentique, plus crédible , j’y suis « entrée » plus volontiers.
Merci à Babelio et Masse critique ainsi qu’aux Éditions Gope de m’avoir permis de participer à cette lecture .

Pierre François  13 juin 2022 

L’Asie et Paris.
« La fille qui aimait les nuages » est une suite de trois « micro-romans », comme l’indique la couverture, et c’est bien cela. De romans d’espionnage. Ils se lisent facilement et vite. L’auteur fait avancer le lecteur au rythme de son écriture sans fioritures inutiles. Aucun adjectif n’est de trop, aucune introspection n’est de mise sauf à l’occasion d’un événement extérieur majeur. Souvent, il le laisse anticiper la phrase suivante. Par exemple, dans : « il crut qu’il était sauvé », le verbe croire indique déjà que ce n’est pas le cas. Parfois, il ménage une surprise totale, surtout dans « Le Royaume de Nina ».
La force de ces romans est cependant moins dans le style de l’écriture que dans les cultures et atmosphères qu’il infuse. L’expression choc des cultures trouve ici un sens inattendu et pacifique, voire amoureux. Car l’on n’est pas ici dans un livre parsemant le récit d’une touche d’exotisme. Les références tant occidentales qu’orientales sont réelles et pertinentes, elles enseignent en ayant l’air de décrire.
L’atmosphère qui s’en dégage dit aussi les points de contact – et pas seulement dans un lit – qui peuvent exister entre deux mondes aux références si étrangères. Discrètement, sans en avoir l’air. Une référence historique par-ci, un mot local par-là, un goût commun pour telle œuvre littéraire sont autant de pointillés qui montrent à la fois les possibilités d’un respect et les limites d’un dialogue réciproques. Tous ceux qui ont voyagé en Asie du Sud-Est y trouveront matière à mieux comprendre ce qu’ils ont vu, souvent trop vite.
Pierre FRANÇOIS

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